M le Ministre
M le Ministre Kalidou Diallo,
M le Président du CNRA, Monsieur le DG de la Maison de la Presse,
Seydi Ann et chers représentants des familles religieuses, des organisations partenaires et internationales, des partis politiques, syndicats et de la société civile
Mesdames, Messieurs les Présidents des divers organisations professionnelles,
Mesdames, Messieurs les Directeurs Généraux, Directeurs,
Chers collègues, Confrères et Consœurs,
MESDAMES, MESSIEURS,
CHERS INVITES ET PARTICIPANTS
L’objectif qui nous réunit à compter de ce jour, pour les 3 prochains mois, est de définir une vision globale à moyen et long terme, afin, d’une part, de faire du secteur de l’information et de la communication un levier stratégique dans le processus de consolidation de la démocratie, pour le renforcement des valeurs de paix, d’unité et de solidarité nationales ; et d’autre part de l’ériger en pôle économique à valeur ajoutée, pourvoyeur d’emplois non précaires.
Je voudrais exprimer ma gratitude à l’ensemble de la corporation et des organisations qui la constituent pour l’honneur qui m’échoit de faire ce discours inaugural.
Dans un pays ou les compétences dans tous les secteurs font légion, j’y vois essentiellement un préjugé favorable.
Mesdames, Messieurs,
Chers invités et participants, chers consœurs et confrères
Cette maison de la presse où nous procédons aujourd’hui au lancement des assises des médias du Sénégal, porte le nom d’un de nos ainés, frères, amis qui laissera à jamais son nom gravé dans les annales, non seulement de la communication au Sénégal mais de son évolution démocratique et de son développement économique.
Babacar touré a été, en pionnier, de tous les combats pour la défense des intérêts des acteurs du secteur médiatique et bien au-delà du Sénégal en tant qu’éditeur, employeur , régulateur non seulement audiovisuel mais social et politique.
Une pensée pieuse et reconnaissante à lui et à tant d’autres qui restent dans nos mémoires et nos cœurs.
Mesdames, Messieurs,
C’est une lapalissade de constater et de dire que l’espace médiatique mondial est en totale et permanente mutation.
L’Afrique n’échappe pas aux tendances marquantes de cet environnement médiatique international caractérisé notamment par :
le passage du monopole à la libéralisation organisée ou « de facto »
le passage de l’unicité à la multiplicité des supports ainsi qu’à leur convergence numérique
le passage du national au transnational global , délocalisé et de proximité avec la VOD, la TNT, la DAB
la prédominance progressive de l’usage d’internet et des réseaux sociaux
À travers tout le continent se dessine une nouvelle configuration médiatique, à la faveur d’une combinaison de divers facteurs : les innovations technologiques, l’éclatement des frontières géographiques, les effets des processus démocratiques, l’évolution de l’environnement institutionnel , l’émergence de nouveaux acteurs de divers backgrounds, horizons et motivations, à la fois consommateurs et fournisseurs de contenus, la mise en place d’institutions de régulation, d’autorégulation et de formation …
Depuis windhoek 1en 991 et le colloque radio de bamako en 1993, repères parmi les plus significatifs, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et beaucoup de nouveaux ponts ont été établis.
Plus d’une décennie après ces initiatives, le pluralisme des journaux et le pluralisme radiophonique et aujourd’hui électronique et télévisuel sont consacrés dans la plupart des états.
Les quelques 1 000 chaînes ou signaux de télévision, les milliers de quotidiens, les milliers d’hebdomadaires, les milliers de sites, blogs, comptes , plateformes et portails tous formats et toute nature du continent l’illustrent éloquemment.
Les centaines de chaînes sur satellite et sur la TNT ont fini de démontrer l’accession de l’Afrique à la citoyenneté multimédia universelle.
En effet, à côté des acteurs traditionnels du service public, de nouveaux acteurs sont entrés dans les foyers, faisant une irruption autorisée, souvent non autorisée, non organisée, non transparente, quelquefois ou presque toujours tolérée, instaurant de nouvelles habitudes de consommation, mettant sur le fait accompli les organes chargés de la régulation du secteur.
En tout état de cause, l’impréparation à une situation nouvelle semble être, à quelques exceptions près, le dénominateur commun.
En dernière analyse, le degré d’ouverture démocratique d’un pays conditionne le niveau de libéralisation des médias qui n’échappent pas au contexte démocratique global d’un pays déterminé.
Tout cela a des incidences sur l’organisation des médias. c’est ainsi que force est de constater la multiplication des acteurs, organes et supports, la variété des situations et statuts juridiques et réglementaires qui ne sont pas forcément synonymes d’indépendance accrue, de viabilité, de responsabilité, de professionnalisme.
Aujourd’hui au Sénégal, ces tendances marquantes se sont traduites concrètement par l’émergence de nouveaux acteurs et supports, la multiplication des initiatives, projets et programmes médiatiques publics et prives, nationaux, régionaux et internationaux accessibles à portée de doigt, j’allais dire de smartphone.
Cette nouvelle donne a rendu plus visible et fondamental le rôle des médias dans la consolidation de l’état de droit, de la démocratie et du développement. Elle s’est accompagnée d’un cortège de risques, pratiques et activités en contradiction avec les impératifs du professionnalisme.
L’accroissement et la diversité de l’offre médiatique au Sénégal ont impulsé la redynamisation du mouvement associatif au sein de la corporation. Ainsi, pour mieux faire face aux défis auxquels elles sont confrontées, ces organisations faitières ont mis sur pied, en 2016, un cadre unitaire d’actions dénommé coordination des associations de presse (cap) qui est la maîtresse d’œuvre de ces assises.
C’est dans ce contexte général qu’un certain nombre d’initiatives, de projets, programmes et institutions se sont développés au cours des dernières années pour faire face à de nouveaux défis et répondre à de nouvelles exigences professionnelles, économiques et démocratiques.
Secteur d’accompagnement transversal par excellence pour tous les autres secteurs de la vie nationale, les médias sont une nourriture que chacun et tous , nous consommons au quotidien et qui doit être au cœur de toutes les dynamiques sociales, politiques , économiques et culturelles.
Pour ce faire, il s’agit, à travers une approche méthodique, de conduire les assises dans la perspective d’une meilleure organisation et d’un fonctionnement optimal, harmonieux et dynamique des médias, à tous les niveaux, en s’adaptant aux exigences nées des mutations technologiques modernes, du pluralisme, de la liberté et de la responsabilité.
Six commissions permettront d’aborder toutes les questions inhérentes au secteur avec des objectifs stratégiques pour des résultats attendus réalistes et pertinents :
institutionnel/juridique/réglementaire/régulation/autorégulation.
sécurité du travailleur – respect des conventions – protection sociale
contenus, supports, enjeux et outils, numérique et convergence
viabilité économique et financement des médias
formation et renforcement des capacités
sécurité et protection des professionnels des médias
Mesdames, Messieurs,
Dans un monde où la communication est synonyme d’opportunités, de ressources, la constante est la récurrence des problèmes. On est loin de ce meilleur des mondes, le « BRAVE NEW WORLD » de Georges Orwell.
Permettez-moi de noter, entre autres :
la mutation des médias dits d’etat en médias de service public qui du fait de leur mission, rôle, attributions, mode de financement doivent être perçus comme des ressources nationales, communes, à partager, comme de véritables institutions culturelles et sociales au service de l’intérêt général, à l’abri des soubresauts et contingences politiques, bref des outils de service public au sens du droit administratif
la disproportion entre les missions assignées et les moyens nécessaires qui pose la mise en place de systèmes cohérents definancement/ par divers moyens à définir
il convient de souligner les efforts ces dernières années notamment pour la RTS dont le financement a fondamentalement progressé pour l’APS qui, faut-il le remarquer est en pleine et remarquable évolution
la réduction de fait de la part de l’assiette publicitaire de chaque opérateur vu le nombre croissant d’acteurs et le recours du secteur public et du secteur privé aux mêmes sources publicitaires
C’est le lieu, ici et maintenant, d’évoquer la question de l’élaboration et de l’adoption du code de la publicité. Sa conception requiert que toutes les parties prenantes soient consultées, impliquées sans que la part belle ne soit attribuée d’avance a une quelconque d’entre elles.
Les supports que nous sommes doivent être partie prenante intégrale du processus d’élaboration consensuelle dudit code à l’instar de la démarche du CNRA pour l’établissement de diverses conventions.
Parmi la panoplie des problèmes, il convient d’ajouter :
l’insuffisance d’une véritable production nationale en qualité et en quantité, répondant à des besoins identifiés et basés sur des résultats de recherches et études d’auditoires à partir de nos propres méthodes, approches et réalités en sciences sociales
la faiblesse relative d’un réseau national significatif de producteurs bien accompagnés, qui font partie intégrante du paysage face à la tendance à produire tout en interne sans « outsourcing »
la fragmentation des auditoires qui ont accès à d’autres signaux, plateformes et contenus
le dévoiement des annonceurs vers d’autres supports notamment internationaux en concurrence directe sur notre territoire sans que la réciprocité soit vraie
les difficultés de toutes sortes pour les entreprises privées et son corollaire : la précarité des situations sociales des personnels
l’insuffisance ou la limitation des investissements privés dans les médias où il est question de survie plutôt que d’un hypothétique retour sur investissement
la nécessité de renforcement des mécanismes et structures d’appui publics directs et indirects notamment la représentation et les prérogativesdu Fonds d’Appui au Développement de la Presse
la persistance de résistances et freins à l’accès à l’information
des relations souvent heurtées entre professionnels des médias et forces de sécurité évoquées par divers confrères
la concentration des médias avec une dérivation du monopole public vers le monopole privé
la question de l’indépendance réelle des médias et de sa relativité
Après un tel constat, quelles réponses ? quelles opportunités ? quelles stratégies ?
Comme avec une pyramide, la base du système est pour une architecture institutionnelle, juridique solide et transparente. C’est ma conviction par déformation académique sans doute en tant que juriste, d’autant plus que mon promotionnaire le Pr. Agrégé Abdoulaye Sakho, ici présent, m’a associé pour dispenser des cours du Master Professionnel de la régulation à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar
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